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 Aucune porte n’est à priori fermée

Bien malin qui pourrait indiquer dans cet écheveau le fil conducteur le plus sûr. Chacun de ces postes suppose des capacités intellectuelles très diverses et des aptitudes personnelles très variées. Ils ouvrent la voie pour des carrières très différentes, sans issue déterminée à l’avance, autrement que dans leurs grandes lignes. Chaque poste de départ permet d’emprunter des voies parallèles pour accéder aux responsabilités, mais le ticket d’entrée ne donne pas automatiquement droit à un parcours sans accrocs et à une arrivée triomphale. A fortiori, nul passage systématique par des fonctions de marketing, de financier, de gestionnaire, ne vous garantit l’accès au poste envié de directeur général ou de président directeur général. Pour l’heure, quelle que soit votre formation, aucune porte ne vous est à priori fermée. Certains diplômes permettent plus facilement de franchir les portes des voies étroitement spécialisées mais, comme les qualités personnelles sont davantage appréciées que les meilleurs parchemins, le champ de manoeuvre laissé à chacun est finalement très large.

Si vous avez obtenu un diplôme dit de « gestion » (grandes écoles de commerce, licence ès sciences économiques + I.A.E., instituts spécialisés, etc.) vous êtes plutôt favorablement placé votre formation vous prépare directement à assumer une fonction dans une filière professionnelle. En étudiant la comptabilité ou le marketing, vous avez été amené à vous familiariser avec les problèmes que rencontrent les praticiens de ces spécialités. Ainsi avez vous acquis, par ce biais, une connaissance du terrain plus ou moins approfondie. Nul n’en ignore les défauts : elle est généralement trop superficielle, trop encyclopédique pour vous donner une idée précise de la pratique quotidienne des problèmes, mais elle constitue cependant une précieuse initiation. Vous êtes en mesure de choisir seul le type de fonction qui vous attire et correspond à votre éventuelle spécialisation.

Si vous avez reçu une formation scientifique (grandes écoles d’ingénieurs, licence ou maîtrise ès sciences, etc.), vous n’êtes pas obligé de cantonner vos recherches aux fonctions de production et de recherche développement. Les frontières entre les différents domaines se sont estompées. Chez les fabricants de biens industriels, on réclame de plus en plus d’ingénieurs commerciaux bénéficiant d’une formation scientifique et ayant un tempérament de négociateur. Dans le domaine des études de marché ou de marketing, les compétences en mathématiques et en statistiques sont de plus en plus recherchées. Par ailleurs, si, en dehors de votre formation scientifique, vous avez acquis quelques connaissances de comptabilité analytique ou de gestion (dans un I.A.E., par exemple), les portes du contrôle de gestion en usine s’ouvriront très vite devant vous. Si, enfin, vous vous sentez une vocation professorale, rien ne vous empêche de vous orienter vers la formation dans une entreprise où vos connaissances scientifiques seront appréciées.

Si vous avez poursuivi des études littéraires, votre choix sera plus difficile, car vos « connaissances techniques » ne vous permettront guère de prétendre occuper un poste d’ingénieur de production ou de chef comptable. Seule une petite minorité de psychologues, sociologues ou juristes verront s’entrouvrir devant eux les portes des services administratifs ou du personnel. Dès lors, deux solutions s’offrent à vous :

si vous avez le temps et les moyens de reculer votre entrée, n’hésitez pas à compléter votre bagage intellectuel en acquérant une formation courte de gestionnaire généraliste (type I.A.E.) ou de spécialiste (marketing, publicité, gestion des ressources humaines, etc.) ;

sinon, misez sur vos seuls atouts personnels. Mais cela suppose de votre part de la clairvoyance et un certain courage. De la clairvoyance, parce qu’elle sous entend, de votre part, une analyse lucide de vos atouts. Votre intérêt est de ne pas vous appesantir sur votre bagage intellectuel (pour un temps non monnayable), mais de vous appuyer sur les dispositions particulières que vous avez développées au cours de vos études ou de vos loisirs. Quelques unes d’entre elles sont de plus en plus appréciées dans les affaires. Par exemple la facilité d’expression écrite ou orale, l’aisance dans les contacts humains, la capacité de disséquer des problèmes complexes et d’opérer des synthèses, l’habitude de rechercher et d’utiliser des services d’information et de documentation multiples et variées, etc. Toutes ces dispositions sont fréquemment l’apanage des licenciés ès lettres...

Après tout, avec ces atouts dans votre main, vous pouvez peut être devenir un excellent négociateur commercial, un très bon chef de produit ou un remarquable animateur de grande surface.

Mais il faut du courage pour mettre en valeur ses talents cachés, pour accepter de faire table rase de ses intérêts intellectuels momentanés et de repartir à zéro en s’appuyant sur ses seules forces.

Le chemin de la réussite passe cependant par là : la réalisation de soi n’est pas le « résultat » de la pratique des langues anciennes ou de l’étude des édifices du Moyen Age. Se réaliser soi même, c’est « arriver à l’expression la plus complète de ses potentialités latentes », écrivions nous plus haut. C’est en l’occurrence utiliser au maximum ses capacités, ses dispositions présentes en les valorisant par tous les moyens, en les appliquant à des domaines concrets.

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