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 Les six points clefs du curriculum vitae

Le but de ces trois exemples était de vous faire saisir, en quelque sorte de l’intérieur, ce qu’il fallait faire et ne pas faire en rédigeant votre curriculum vitae. Ils étaient, nous l’espérons, suffisamment explicites pour qu’il ne soit pas nécessaire de revenir sur certains points. Le moment est venu de dégager les principes qui doivent présider à l’élaboration du curriculum vitae, paragraphe par paragraphe, pour que les deux objectifs précédemment énoncés soient atteints. Nous reprendrons à cette intention les différentes têtes de chapitre du curriculum vitae donné en exemple, dans l’ordre où elles y figurent mais qu’il ne faut pas considérer comme un ordre immuable...

Votre carte d’identité

Votre carte d’identité doit rester une fiche signalétique permettant à un directeur du personnel qui ne vous a jamais vu de connaître l’essentiel de vos caractéristiques personnelles. Seules quelques données doivent par conséquent y figurer :

Votre formation

Ici commence la partie essentielle de votre curriculum vitae, celle qu’à bon droit vous considérez comme la plus riche et la plus importante si vous avez suivi le (cursus honorum) des grandes écoles et des universités. Elle n’est pas pour autant la plus facile à présenter à rédiger car le texte doit être conçu et sa place déterminée, en fonction de l’impression que l’on veut produire sur un directeur du personnel.

Premier problème : faut il placer ce paragraphe avant ou après le paragraphe expérience professionnelle ? Tout dépend de la richesse de votre bagage. Si vous possédez une très bonne formation (X, Centrale, H.E.C., Sciences Po, doctorat, etc.), vous avez tout intérêt à la mentionner dès les première lignes. C’est un élément qui, de toute façon, pèsera dans la balance à votre avantage. En revanche, si vous avez interrompu vos études au niveau du baccalauréat ou en cours de licence pour commencer à travailler, vous avez tout intérêt à indiquer votre formation après l’exposé de votre expérience professionnelle. La richesse de votre expérience apparaîtra ainsi par contraste avec la faiblesse de votre formation. Votre mérite sera d’autant plus grand.

Deuxième problème : faut il indiquer tout ce que l’on a fait ou suivi ? Tout dépend, encore une fois, de la richesse de votre bagage (mais pas dans le même sens). Si vous n’avez obtenu qu’une licence ou qu’un diplôme de grande école, vous n’avez pas l’embarras du choix : vous devez expressément l’indiquer. Le problème se pose ici, sacrifiant à la mode de la prolongation des études et de l’accumulation des diplômes, vous avez suivi plusieurs types d’enseignements et obtenu partiellement ou complètement plusieurs parchemins.

Ce serait une erreur de croire qu’un amoncellement de références universitaires, figurant en bonne place à la première page de votre curriculum vitae, vous placera automatiquement dans le peloton de tête des candidats que l’on recevra. De nombreux directeurs du personnel inclinent à penser qu’il fournit la preuve, non pas d’un souci profitable d’enrichir votre palette de connaissances, mais de votre incapacité à élire une route entre plusieurs, à vous orienter efficacement.

Vous avez tout intérêt, dans ces conditions (quitte à taire certains de vos parchemins), à donner l’impression que les études poursuivies correspondent à un projet mûri et cohérent, témoignent d’une volonté d’approfondissement progressif ou d’élargissement bénéfique, en vue de se préparer à occuper un certain type de poste. Dans cette perspective, c’est en fonction de la situation recherchée (dernier paragraphe de votre curriculum vitae) que vous déciderez de taire ou de faire figurer certains enseignements suivis, et que vous mettrez ou non en relief telle ou telle spécialisation dans les études poursuivies.

Tous comptes faits, vous devez rédiger cette partie de votre curriculum vitae comme si vous dressiez l’étalage d’une boutique. Mettez en vitrine ce qui peut attirer la clientèle et laissez en réserve dans l’arrière boutique ce que vous pouvez accessoirement offrir.

Troisième problème : comment rédiger ce paragraphe « formation » ? Bien qu’essentiel, il doit être bref, précis et clair. Voici comment le présenter : Indiquez vos diplômes et vos études par ordre chronologique, en précisant dans la marge la date à laquelle vous les avez obtenus. Ne remontez pas aux classes primaires. Indiquez simplement le baccalauréat (avec la section, le nom du lycée ou du collège, la ville) si vous avez poursuivi vos études supérieures. Marquez en toutes lettres les diplômes d’enseignement supérieur (les sigles ne sont pas tous compréhensibles !) en rappelant le lieu où vous les avez obtenus (éventuellement la localité) et, le cas échéant, votre spécialisation, le titre du mémoire soutenu, vos matières préférées, les mentions et rangs de sortie, etc. Prévoyez une rubrique « langues » que vous indiquerez dans la marge (sous les dates des diplômes). Précisez, pour chaque langue, votre niveau.

Attention : Si votre connaissance des langues vous paraît être un de vos meilleurs atouts, vous pouvez prévoir un paragraphe spécial qui la mettra en valeur !

Vos stages

Votre expérience

Nous traiterons de ces deux paragraphes en une seule et même rubrique pour éviter d’inutiles répétitions car il convient de les rédiger tous deux dans le même esprit.

Précisons tout d’abord que le mot « expérience » doit ici être entendu au sens large (« toute connaissance des choses ou des personnes acquise par la pratique », suivant le dictionnaire du Français contemporain) et pas seulement au sens strict d’expérience professionnelle. En ce sens, l’éventail des expériences possibles devient très large : du stage de pompiste l’été au travail à mi temps comme analyste programmeur en passant par la kyrielle de petits jobs qui permettent de se faire de l’argent de poche, chacun peut y trouver son compte et découvrir dans son passé d’adolescent ou d’étudiant une « expérience » à signaler.

Peu importe en fait la nature exacte de l’expérience vécue un directeur du personnel ne s’attend pas à découvrir ici que vous avez été rédacteur en chef d’une revue renommée ou directeur du marketing d’une société connue. Seul importe ici l’enrichissement qu’a apporté cette expérience à votre personnalité. Tout votre talent réside dans la manière avec laquelle vous choisirez et vous tirerez parti de ces diverses expériences car elles n’ont pas toutes le même poids, la même valeur, eu égard à l’objectif que vous poursuivez discrètement : prouver à un directeur du personnel, à travers votre curriculum vitae, que votre formation jointe à votre brève expérience fait de vous la personne la plus capable d’exercer l’emploi que vous postulez.

Partant de cette perspective, c’est encore une fois en fonction de la situation recherchée que vous devez apprécier vos divers stages et vos différentes expériences et braquer le projecteur sur celui ou celle que vous considérez comme le plus révélateur ou la plus révélatrice de votre compétence. La cohérence de votre curriculum vitae n’en sera que plus forte.

Cela dit, pour obtenir l’éclairage souhaité, deux principes doivent être respectés : Pour chaque expérience vécue ou pour chaque stage effectué, indiquez au minimum, en marge la durée, puis dans le texte, la raison sociale de l’entreprise ou de l’établissement où vous l’avez effectué, le lieu (ville ou village), la nature du travail. Décrivez précisément le contenu de l’une ou l’autre expérience, en mettant en relief les caractéristiques qui se rapprochent le plus de l’emploi recherché. Ne vous inventez pas des titres ou des performances, pour donner l’impression d’être un cadre confirmé (la poudre aux yeux ne paie pas !). Il vous suffit d’expliciter les tâches que vous accomplissiez, de souligner habilement la formation que vous avez reçue et qui fait de vous un postulant déjà un peu « expérimenté ».

Les termes employés dans cette description doivent être pesés avec une balance de fils d’araignée. Les phrases avec verbe, sujet, complément (surtout à la première personne) sont à proscrire à tout prix. Le style doit être rigoureux, impersonnel, refléter une connaissance réelle du jargon des affaires ou des disciplines pratiquées.

L’exemple donné dans le « bon » curriculum vitae était sur ce plan très révélateur expérience .En voici un autre qui détaille la marche à suivre.

Le candidat recherche un emploi au sein d’une direction de personnel. Voici comment il décrit son expérience de six mois, au sein d’une petite société de ventes à domicile où il a collaboré au recrutement de trois vendeurs.

Expérience professionnelle :

Janvier 1977 juin 1977 Société LIBRUM Paris.

L’expérience du candidat, dont le « cas » est présenté ci dessus, n’est peut être pas très riche (il faisait sans doute un travail de secrétariat...), mais il témoigne, dans ce paragraphe, qu’il connaît le langage du « métier , les méthodes employées dans le recrutement du personnel. On peut être sûr qu’un directeur du personnel sera sensible à cet aspect...

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