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 Apprenez les lois écrites et non écrites de la société

Toute entreprise fonctionne comme une microsociété qui a ses lois, ses traditions, ses hiérarchies, ses coutumes et ses tabous. Tous ces éléments constituent le code écrit et non écrit de la société dont vous devez vous pénétrer pour y travailler efficacement. II faut au minimum que vous connaissiez exactement les noms, les titres, les fonctions précises des personnes avec lesquelles vous serez périodiquement ou temporairement en contact. Il faut également que vous appreniez avec soin les habitudes de travail (manière de présenter une lettre, une note ou un rapport ; façon d’aborder les supérieurs, etc.) et que vous vous familiarisiez avec les réseaux de communications ou de décision (à qui faut il s’adresser pour obtenir telle autorisation ? A quelle heure ? Est il possible de sortir ? Combien dure le déjeuner ? etc.). Des coutumes rigides peuvent régir certaines activités : Il est peut être mal vu, par exemple, de s’asseoir à la cantine à la table de ses secrétaires !... C’est en respectant de bonne grâce ces lois et traditions que vous prouverez votre faculté d’adaptation...

Soyez très attentif à vos camarades de travail

Durant les premiers mois, vous devez adopter une attitude amicale et courtoise à leur égard, mais ne jamais les traiter familièrement. Vous vous enrichirez, psychologiquement parlant, en acceptant de travailler et de vous mêler avec tous les employés, quelles que soient leurs formations, leurs possibilités et leurs origines sociales. Votre succès futur dépend en partie de la manière avec laquelle vous saurez vous faire accepter par les autres. Plus vous serez ouvert à leurs suggestions et à leurs conseils, plus ils seront prêts à répondre à vos questions, à vous aider à démarrer, à vous initier aux lois écrites et non écrites de la société. S’ils sont critiques à l’égard de tel ou tel supérieur, enregistrez leurs observations mais n’abondez pas dans leur sens. Vous n’avez aucun titre à vous instituer juge arbitre. En essayant de comprendre le pourquoi et le comment du comportement des autres, vous prouverez votre maturité et votre capacité à les diriger ensuite efficacement.

Faites preuve de patience

Ne vous attendez pas à ce qu’on vous laisse la possibilité de formuler la politique de la société six mois après votre démarrage. Il faut vous armer de patience : dans six ans peut être, au plus tôt, vous aurez l’autorité nécessaire. Aussi ne soyez pas obnubilé par cette perspective au point d’en oublier tout le reste. Si vous voulez y parvenir, apprenez votre métier et apprenez le bien. Acceptez de vous astreindre occasionnellement, si on vous le demande, à des tâches peu « honorables » ou en dessous de vos capacités théoriques. Profitez en pour montrer que vous savez définir des priorités et ne pas négliger ce qu’à priori vous prenez pour des détails. C’est à ce prix que vous monterez en grade...

N’adoptez pas d’emblée une attitude critique

Attendez vous à ce que les suggestions que vous formulez soient rejetées fermement et parfois vertement. N’en concluez pas pour autant que vos supérieurs sont des incapables notoires et qu’ils n’ont pas les capacités requises pour exercer leurs responsabilités. Ils ont peut être un meilleur jugement que vous le pensez, l’expérience leur ayant appris que les modifications que vous préconisez mettraient l’organisation dans une position difficile ou la conduiraient au désastre. Attendez, pour jouer les critiques ou les censeurs, de bien connaître la société et d’avoir fait vos premières preuves !

Tout compte fait, on pourrait résumer ce qui précède en une phrase ne cherchez pas à aller trop vite ! Pour croître psychologiquement, il faut avancer pas à pas. Pour progresser professionnellement, il faut avoir assimilé un certain nombre de bases pratiques sans lesquelles toute promotion est vouée à l’échec. A ce sujet, un dirigeant américain faisait un jour très justement remarquer « Si l’Air Force demandait à un jeune pilote de décoller d’une montagne après lui avoir donné une simple formation intensive au pilotage, vous diriez qu’elle l’envoie au suicide. Telle est la situation dans laquelle se trouverait un jeune diplômé à qui l’on confierait une position de responsabilités sans qu’il soit prêt à les assumer. Sa formation universitaire ne lui sera utile qu’à partir du moment où il sera capable d’interpréter les théories enseignées à la lumière de ses connaissances pratiques... Les jeunes diplômés ne peuvent pas démarrer plus vite que les autres. Ils peuvent simplement aller plus loin sur un plus long parcours.

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